
Incroyable mais vrai ! Les membres de la Commission politique de supervision (Cps) du processus de la Lépi et les membres de la Mission indépendante de recensement national approfondi (Mirena) se livrent à des déclarations incroyablement contradictoires sur les opérations de cartographie censitaire en cours. Devant le président de la République, entouré des présidents des institutions de la République, et en présence des médias, le superviseur général, l’honorable Epiphane Quenum se veut très rassurant et déclare que les travaux de cartographie sont réalisés aux taux suivants: 100% dans l’Alibori, 100% dans le Borgou, 95% dans la Donga, 90% dans l’Atakora, et 65% dans le Couffo!
«Je ne sais pas où il a trouvé ces chiffres», attaque l’honorable Léon Ahossi, un autre membre de la Cps, qui traite ces taux d’imaginaires. Il affirme à son tour que les opérations n’ont atteint un taux de 100% nulle part sur le territoire national. Selon lui, la Mirena est encore à l’œuvre et c’est à elle de fournir à la Cps les données que la plénière doit examiner.
Il n’en fallait pas davantage pour créer encore plus de confusion dans l’opinion et pour corroder davantage notre confiance en ce processus de la réalisation de la Lépi. Epiphane Quenum sait-il des choses sur les opérations que les agents cartographes qui sont sur le terrain ignorent? D’où tient-il ses chiffres ? Pour oser les avancer devant les plus hautes autorités de ce pays, il doit bien savoir ce qu’il dit.
Mais le plus inquiétant, c’est que depuis, personne ne se dépêche pour apporter un peu de clarification dans cette pagaille de contradictions. Bien qu’il y ait droit, si le citoyen ordinaire n’a pas les moyens d’exiger un peu de sérieux de la Cps, les présidents des institutions de la République le peuvent et le doivent, eux qui ne savent sûrement plus à quels chiffres il faut croire.
Dans cette pagaille organisée, on entend déjà dire que sur le terrain, les sensibilités politiques des familles et des hameaux déterminent leur prise en compte dans la cartographie ! Et d’autres folles allégations de cette gravité. A ce jeu, il ne faut pas s’attendre à une simple évaluation du processus de la Lépi. Il faut se demander s’il n’y personne dans cette République pour dire à la Cps et à la Mirena : trop, c’est trop !
Abbé André S. Quenum
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