Pourquoi la TousSaint se confond-elle, dans la pensée de nombreux chrétiens, avec la Commémoration des défunts ? Sans doute parce que le jour férié qui la célèbre permet le pèlerinage vers ceux que l’Eglise célèbrera le lendemain. Peut-être aussi cette confusion, entretenue avec obstination entre les deux célébrations, est-elle une sorte de volonté de sauver des morts le meilleur, de les ressusciter en quelque sorte dans nos pensées, de les faire plus proches de notre amour, plus semblables à ce que Dieu voulait d’eux, plus saints finalement. Probablement surtout parce que l’on n’a pas saisi l’unité de la doctrine de la foi, depuis la Création jusqu’à la TousSaint, en passant par le mystère du salut qui en permet l’accomplissement. Et c’est là qu’est le piège.
Car la TousSaint, c’est beaucoup plus que la «fête de ces saints obscurs au regard de l’infinie clarté de Dieu. Tous sont lumineux dans le reflet de sa gloire. N’est-ce pas ce que veut dire ce singulier (Saint) accolé à notre pluriel (Tous) : Tous dans l’unique ?
Dieu seul est Saint, mais son projet, depuis la Création, est de nous réunir en Lui. La TousSaint que nous célébrons et qui ne devrait plus s’écrire autrement qu’en respectant ce singulier et ce pluriel, est le prélude du grand Rassemblement final, qui signera et consommera l’Alliance de l’humanité avec Dieu, dans et par le Fils qui nous l’a méritée. C’est la vraie fête du Corps du Christ, l’achèvement du parcours, le sommet atteint, la réalisation du projet divin.
Elle est le signe qu’avec l’aide de l’Esprit-Saint nous aurons passé «La porte étroite» qu’est le Fils, que nous sommes avec lui et en lui «sortis de nos tombeaux», marqués du sceau des enfants de Dieu. Enfin !
«Et quand toutes choses lui auront été soumises, le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit en tous» (1 Cor 15.28).
La TousSaint, c’est l’ «Amen» de l’Amour.
«Amen», oui, de tout mon cœur, de toute ma foi. «Amen» : ce mot d’adulte ! Et si je tremble à l’approche d’un si grand mystère, si mon amour défaille devant l’Amour suprême, sois mon Rocher, Seigneur, ma Force, ma vérité ! Sois mon Amen.
Geneviève Honoré-Lainé
Extrait de « Ah ! Si toi aussi tu avais compris !...
(A paraître bientôt)