Le premier ministre kényan Raila Odinga, dont le pays a connu de graves violences politiques qui ont fait un millier de morts au début de l’an passé témoigne : «La victoire de John Atta Mills et l’attitude du peuple ghanéen offrent un rare exemple de démocratie en Afrique».
De son côté, le président sud-africain Kgalema Motlanthe déclare : «L’élection au Ghana est un témoignage du respect de la démocratie et de la bonne gouvernance en Afrique .Le peuple du Ghana a montré dans les urnes combien il appréciait la démocratie».
Saluant cette élection, la mission des observateurs de l’ONU et de l’Union européenne la qualifie d’élection transparente. Et par la voix de sa porte-parole, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon a loué le dévouement et le professionnalisme de la Commission électorale ghanéenne dans l’organisation du processus et la bonne conduite des partis politiques et de leurs dirigeants dans les étapes finales de cet exercice. «Les Ghanéens peuvent et doivent être fiers de cette réalisation démocratique. Avec leur engagement continu pour le processus démocratique, le Ghana et ses dirigeants montrent un exemple admirable», a indiqué M. Ban.
Le bon déroulement de l’élection présidentielle et la transition en douceur qui en découle illustre à merveille un bon fonctionnement des institutions démocratiques en Afrique et doit servir de modèle au continent. Francis Lalèyè, un observateur béninois averti des élections, présent au deuxième tour des élections ghanéennes raconte : «j’ai été frappé par la bonne organisation du scrutin ghanéen, la discipline qui l’a caractérisé et la volonté des ghanéens de faire prévaloir en tout les institutions de la République. L’ouverture des bureaux de vote a été effective à 7h et leur fermeture rigoureusement à 17 h. J’ai été également impressionné par la rigueur dans le respect des règles du jeu clairement définies. Des agents des bureaux de vote rodés à la tâche et qui savent ce qu’ils doivent faire et le font très bien. Le matériel électoral disponible. On ne traîne pas, on ne perd pas de temps. Malgré le nombre élevé des électeurs inscrits par bureau de vote, en moins d’une heure, le dépouillement est fait et les résultats connus…»
Pensant à son pays le Bénin où rarement les heures d’ouverture et de clôture des bureaux de vote sont respectées, Francis Lalèyè préconise à l’intar du Ghana, la professionnalisation de la commission électorale nationale autonome et une solide formation à temps des agents des bureaux de vote. Et Francis Lalèyè, se désole : « Il est temps qu’on se prenne enfin au sérieux dans nos pays africains et au Bénin en particulier, en matière d’organisation des élections».
Guy Dossou-Yovo