Hebdomadaire Catholique: Justice - Vérité - Miséricorde

Retournons a la verite: Le nom, c’est l’identité


Nos villes et villages avaient leurs différents noms que nos aïeux et premiers occupants leur avaient donnés. Bien souvent, ils l’ont fait par rapport à un événement ou une situation précise : «Kutonu», c’est bien le nom de notre capitale économique ; il lui fut donné pour évoquer l’océan atlantique qui engloutissait ceux qui se hasardent à pénétrer dans ses flots en furie à cause du phénomène de la barre…
Si  dans   le  langage populaire, on continue à identifier nos villes et villages par leur nom originel, il faut reconnaître que l’autorité civile, après les indépendances, ne s’est pas embarrassée pour continuer à brandir sur les panneaux de signalisation, à l’entrée et à la sortie des contrées (là où on en trouve évidemment !) les noms imposés ou reçus du colonisateur. Depuis notre contact avec les Occidentaux, ces derniers ont voulu transcrire les noms des contrées dans leurs langues. Aussi avons-nous constaté que la plupart des noms de nos villes et villages ont été transcrits en Français pour la plupart. Chose heureuse ? Je ne saurais le dire tout de go ! La sensibilité qui me fait porter en haute estime la mémoire de mes aïeux, mon histoire et mon identité m’ont amené à souhaiter que le service chargé de poser les panneaux signalant l’entrée et la sortie d’une ville sur nos routes, rende justice et surtout maintienne la mémoire de nos pères.
Lorsque j’ai eu à passer différents séjours en Europe, j’ai remarqué que ceux-là même qui s’évertuaient à transcrire les noms de nos villes dans leurs langues, ne s’embarrassent pas de mentionner dans le patois, le nom originel de leurs villes et villages à côté de celui connu officiellement. Remué au plus profond de moi-même, je me suis promis d’écrire quelques mots pour attirer notre attention sur la mémoire que nous perdons.
Allez dans le sud-est de la France, dans cette région qu’on appelle «PACA» (Provence, Alpe, Côte d’Azur) et vous serez sidérés. C’est en Provençal que les noms des villes et villages sont d’abord écrits avec fierté, puis en Français.
A l’heure de la deuxième  étape  de la décentralisation dans mon pays le Bénin, nous n’avons plus droit aux balbutiements. La Direction générale des transports terrestres doit donner la main aux municipalités pour retrouver la vérité des noms de nos villes et villages et la brandir avec fierté.
Porto-Novo, n’a-t-elle pas trois noms (Xogbonu, Ajacè et Porto-Novo) ? Je brûle d’envie de les voir écrits devant moi lorsque prochainement, je me retrouverai sur le pont du fleuve Ouémé, pardon «wueme».

Abbé Charles Jocelyn
Allabi

 

 



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