« La création d’une paroisse est le prolongement du mystère de l’Incarnation» Mgr Vieira.
L’entre-deux des fêtes de Noël et du nouvel an a presque toujours été marqué par la création d’une paroisse dans l’Eglise-famille de Djougou. En créant la paroisse Saint Tammaro de Tokotoko, le 24 décembre dernier, Mgr Paul Vieira a une fois encore sacrifié à la tradition qui a porté en 13 ans, 7 des 14 paroisses déjà créées un 24 décembre. Mais à la différence des autres paroisses, la création de celle de Tokotoko est placée sous le signe de la grâce de l’année jubilaire paulinienne et confiée aux missionnaires comboniens qui, pour la première fois, fondent une communauté dans le Nord du Bénin. Nombreux étaient les agents pastoraux qui ont vécu l’événement de ce 24 décembre au cours de l’eucharistie présidée par l’évêque de Djougou et concélébrée par une vingtaine de prêtres.
Pour l’ordinaire du lieu, cette création s’inscrit dans le prolongement du mystère de l’Incarnation. Il précise que la date du 24 décembre est à la fois une confession et une prédication de la proximité de Dieu vis-à-vis de son peuple. La paroisse, a-t-il souligné, est le prolongement et le rapprochement d’un diocèse de ses fidèles tout comme le diocèse est le prolongement et le rapprochement de l’église locale de l’église universelle. La célébration eucharistique de ce jour a débuté à 10h et a offert l’occasion au premier pasteur de l’Eglise-famille de Djougou de faire aux fidèles une catéchèse simple mais dense sur les différents rites qui consacrent l’installation d’un curé sur une paroisse nouvellement créée. Une fois la lecture du décret de création de la paroisse lu par le père Louis-Marie Moreau, vicaire général du diocèse et le chant à l’esprit-saint, le tout premier curé de la paroisse, le père Juan José Tenias a procédé à l’aspersion des fidèles pour leur rappeler leur baptême. Il a ensuite reçu de l’évêque, les registres paroissiaux pour la célébration des sacrements, l’ascensoir pour encenser l’autel, présence sacramentelle du Christ qui rassemble autour de lui les fidèles. A cela s’ajoutent d’autres symboles de sa charge pastorale à savoir la Parole de Dieu, les vases sacrés, les saintes huiles, l’étole «violet» pour la confession des fidèles. Une famille lui fut confiée pour lui signifier qu’il doit aider les familles à devenir et à demeurer une église domestique.
Dans son homélie, Mgr Vieira a aidé les fidèles à comprendre la création de cette paroisse comme un moyen que se donne son église-famille pour ouvrir à Dieu des voies de libération et de rédemption à l’homme d’aujourd’hui et à l’homme de tous les temps. Il poursuit en leur précisant que la vraie liberté de l’homme se trouve en Jésus-Christ et en Jésus-Christ seul. Il leur a enfin demandé de devenir en tous temps et en tous lieux des précurseurs dont Dieu a besoin pour sa mission.
La profession de foi qui a suivi fut divisée en trois séquences dont chacune est conclue par la formule «je crois», prononcée d’abord par le nouveau curé, ensuite par les fidèles.
Aux comboniens, l’évêque de Djougou a vivement souhaité que les fidèles ne les confinent pas dans les œuvres de charité même si l’organisation de la charité relève de leur charge pastorale.
15e paroisse du diocèse de Djougou sur l’axe routier Djougou-N’Dali, Tokotoko regroupe les communautés de Tokotoko, Affon, Dagnon, Gosso, Akékérou, Sissi, Donga et Timba. Elle est confiée à une communauté de 4 comboniens qui ont accepté de se mettre sur les pas de Saint Paul pour actualiser au profite des fidèles de l’Eglise-famille de Djougou, la passion de Daniel Comboni pour la mission en Afrique.
Dans son mot de remerciement, le père Manuel Joao P. Correira, supérieur provincial des comboniens a remercié Mgr Vieira d’avoir offert à Daniel Comboni la possibilité de se rendre dans le Nord du Bénin pour la mission. Il a par ailleurs surpris plus d’un en disant publiquement à l’évêque de ne pas hésiter à faire partir de son diocèse, les Comboniens, le jour où il constatera qu’ils ne suivent plus les orientations pastorales de son église-famille. Le nouveau curé, une fois installé par l’évêque a salué et remercié les fidèles dans les langues liturgiques de la nouvelle paroisse à savoir le lokpa, le ditamari et le yom.
Les Comboniens étaient les premiers missionnaires qui, en 1995, ont reçu l’invitation de Mgr Vieira à venir fonder une communauté dans le nouveau diocèse de Djougou. 13 ans après cette invitation, ils se retrouvent à Tokotoko.
Pour Mgr Vieira, il n’est jamais trop tôt de demander et il n’est jamais trop tard de recevoir.
Abbé Cyriaque Guédé
Diocèse de Djougou
Note
1 Saint Tamarro est un évêque italien et martyr de l’Eglise au Ve siècle.