Hebdomadaire Catholique: Justice - Vérité - Miséricorde

Il y a un an, Mgr Houndékon a été sacré évêque d’Abomey



La Croix du Bénin : Quels sont vos sentiments dominants après un an de ministère ?
Mgr Houndékon : Mes sentiments sont d’abord ceux de la conviction et de la grâce d’état. Quand le Seigneur choisit et assigne des missions, il accompagne et soutient cette mission par sa grâce, une grâce qui crée une confiance en la personne qu’il mandate, confirme parce que c’est une charge qui constitue un effacement  de soi pour que l’œuvre de Dieu se réalise par la disposition et la persévérance. Ce temps passé a été totalement rempli de Dieu. C’est pour cela que mon premier sentiment est un sentiment d’action de grâce, pour que l’œuvre du Seigneur se poursuive.

En une année, vous avez eu la grâce de créer plusieurs paroisses, à  quelle attente cela a répondu ?
La création a d’abord été suscitée par l’annonce de l’année paulinienne, du jubilé du bimillénaire de la naissance de St Paul qui a produit  en ma personne l’accroissement renouvelé de l’esprit missionnaire. Depuis 2000, la Conférence épiscopale du Bénin dans son ensemble et dans ses démembrements est préoccupée par un plan d’action basé sur une pastorale de proximité; et dès lors, je me suis rendu compte qu’il serait ingrat de ne pas apporter un plus et de ne pas nous soucier de ce plus, nous qui sommes les continuateurs des missionnaires et de nos aînés. Les missionnaires ont œuvré, il nous revient à nous de travailler à l’extension du règne de Dieu. Après une visite pastorale de contact sur toutes les paroisses du diocèse entre ma nomination et mon sacre, je me suis convaincu de l’urgence de la création de certaines paroisses. Cette visite m’a rendu sensible à l’interpellation de plusieurs communautés à travers des chants, des discours, des allusions insistantes. Les chrétiens attiraient mon attention sur des communautés qui ont atteint une certaine maturité. Certaines communautés  avaient  fait  des pas qui particulièrement interpellent.
A Adanhondjigon, les chrétiens ont construit un presbytère depuis 5 ans et n’attendaient que la réalisation des nombreuses promesses qui leur ont été faites. J’ai donné deux mois à certaines communautés pour la construction d’un presbytère.Elles se sont débrouillées pour finir un presbytère avec un salon, deux chambres, une cuisine et un garage, l’électricité et l’eau dans la mesure de leur capacité.
Ces communautés ont pris la mesure de leur responsabilité et le sens de leur prise en charge. D’autres aussi étaient en train de faire des efforts. Ce dynamisme des communautés nous permet  de répondre à la nécessité de rendre présent l’Evangile et le Christ dans certaines localités.
A Setto aussi, ce fut une grande surprise, ils ont pu se battre malgré leur extrême pauvreté.

Est-ce que tout ce dynamisme des communautés ne vous conduit pas à rendre grâce au Seigneur de vous avoir inspiré votre devise : «Travaillons pour le bien de tous» ?
Je rends grâce au Seigneur de nous avoir inspiré cette devise de l’association de tous au travail. Créer une paroisse, ce n’est pas faire une entreprise personnelle. Tous sont rentrés dans l’esprit avec un sens de collaboration élevé.
A Tan en deux mois, le curé a pu identifier le déficit de la célébration du sacrement de mariage, approcher les jeunes pour connaître leur besoin afin de les aider. Nous avons célébré en la fête de la Sainte Famille 31 mariages. Cela a été un événement. Au lendemain du mariage, ces couples ont été confiés à l’Association catholique des familles (ACF). 20 autres couples se préparent à Don, un village situé à 2 km de Covè.
Notre rôle, c’est d’oser proposer la foi. Les prêtres ont été très coopératifs dans cette mission. Nous avons également relancé les sessions quasimodo.
Nous  avons  redynamisé la caritas diocésaine et relancé une structure qui existait déjà, le Diro (Développement Institutionnel de Renforcement Organisationnel), et qui a connu un affaiblissement très notable Notre diocèse avait beaucoup œuvré par le passé pour aider les couches les plus défavorisées. Nous avons diagnostiqué ce qui a été vécu et dégagé un plan d’action tout en suscitant l’intérêt de chaque paroisse. Nous avons organisé le 7 décembre dernier à la place Goho, au niveau diocésain, une grande kermesse qui a rassemblé beaucoup de monde. Avant cela, les prêtres ont eu une retraite sacerdotale de 3 jours à Zangnanado. Cette retraite prêchée par le père Bonjour visait à aider les pasteurs à réfléchir sur leur identité de prêtre et comment vivre sous l’éclairage de Saint Paul. Au lendemain de cette retraite, tous les agents pastoraux se sont retrouvés.
Nous avons aussi un partenariat avec le centre hospitalier départemental du Zou pour le service mutuel en vue  de  réduire à 50% les frais de santé pour les couches les plus pauvres en particulier les filles et garçons de nos centres pour leur assurer une bonne couverture médicale. Pour ceci, il existe une souscription de 50.0000 FCFA par paroisse, ce qui permet à l’hôpital de compenser le manque. En retour, l’hôpital demande l’aide des religieuses dans certains services sensibles. Ainsi, nous avons continué les négociations qui étaient en cours et depuis le 5 janvier 2009, les sœurs Apôtres du Sacré-Cœur sont dans deux services différents de la réanimation du centre hospitalier départemental du Zou.

Propos recueillis par
Sœur Valérie Zinsou

 

 



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