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40 ans d’existence de l’UCB
Unité dans la communion sacerdotale Tchanvédji  a accueilli du 2 au 6 février dernier l’Assemblée Générale  des 4O ans d’existence de l’Union du Clergé Béninois (ucb). Venus de tous les diocèses du Bénin, les prêtres présents à l’Assemblée se sont penchés pendant 5 jours sur le thème : ‘‘40 ans d’existence de l’ucb : historique, richesse pour le prêtre et perspectives d’avenir’’. Les travaux de ladite Assemblée ont abouti à des résolutions et recommandations pour la consolidation de l’union.


Jeune, l’air vif, le teint noir, à peine la trentaine, cartable en main, le pas alerte, le père Léon s’acheminait vers la salle de réunion, gai et souriant. A quelques mètres derrière lui, silhouette fine, taille moyenne, cheveux blancs soigneux, cartable sous le bras, la marche précautionneuse, le père Mathieu, l’air joyeux, parcourait la large avenue menant au réfectoire du grand séminaire, servant de salle de réunion pour les travaux de cette assemblée du clergé béninois. Comme tous les autres prêtres présents à cette assemblée, Léon et Mathieu étaient heureux de se retrouver à Tchanvédji pour participer aux travaux de l’Assemblée Générale des 40 ans d’existence de l’ucb. «Quel beau creuset de rencontres et de connaissances» me confia un prêtre nouvellement ordonné. «Quelle belle initiative de nos devanciers !» s’émerveilla un autre. Une initiative qui date officiellement de la tenue des premières assises en 1969 à Djimè alors moyen séminaire.
Plus de 200 prêtres du clergé autochtone prirent part à l’Assemblée générale ordinaire de l’Union du Clergé du Bénin (ucb) au grand séminaire Mgr Louis Parisot de Tchanvédji dans le diocèse de Lokossa, à 2km de Klouékanmè. La splendide chapelle rose du Grand séminaire accueillit sous ses voûtes le lundi 2 février à 19h les premiers prêtres pour les vêpres solennelles d’ouverture de l’assemblée. Le lendemain, mardi 3 février s’ouvrirent les travaux de l’Assemblée générale à l’issue d’une messe pontificale présidée par Mgr Victor Agbanou, ordinaire du lieu et délégué de la conférence épiscopale pour le lancement  des travaux. maire de la commune de Klouékanmè, préfet du département Mono-coufo, directeurs départementaux, autorités politico-administatives et personnalités religieuses de Tchanvédji, forces de sécurité, ont honoré de leur présence la cérémonie d’ouverture de l’assemblée générale présidée par Mgr Agbanou. Tour à tour, le maire et le préfet ont exprimé leur joie d’accueillir un tel événement qui honore leur région. Rappelant le rôle capital qu’a joué et continue de jouer le clergé dans tous les secteurs de développement de notre pays, éducation, santé, environnement, ils ont loué l’initiative d’une telle union et lui ont souhaité longue vie dans la communion d’amour de tous les prêtres au service du développement de notre pays. Le délégué national, de l’ucb, le père Barthélemy Zinzindohoué prit alors la parole pour saluer la présence non seulement des prêtres, de l’évêque, mais surtout des autorités politico-administatives et religieuses qui ont ainsi donné un relief particulier à ces présentes assises. L’union du clergé béninois est selon lui l’espace dans lequel s’exprime et se réalise depuis 40 ans la communion d’être, d’action, de service pastoral et d’idéal sacerdotal entre les prêtres d’un clergé indigène. C’est alors que Mgr Victor Agbanou évoquant la grâce de  Dieu sur la présente assemblée ouvrit les travaux.
Eclatés en causeries-débats, carrefours, panels et témoignages, et nourris par les prières des offices et des séances d’adoration du Saint Sacrement, les travaux se sont étendus sur trois jours, du mardi 3  au jeudi 5 février. Au lever du rideau, lecture a été faite de l’Instumentum Laboris, l’instrument de travail de base : la synthèse des travaux préparatoires des différentes unions diocésaines pour la présente Assemblée générale. Ces travaux avaient porté sur l’historique de l’union, son fondement, sa structure et son évolution, de même que sa richesse pour le prêtre au niveau de chaque diocèse ; cette union «si fragile et pourtant absolument indispensable et tellement porteuse d’espérance, apparaît comme la condition de survie du clergé et de l’efficacité pastorale par un témoignage qui se doit d’être convaincant». Le père Marie-Benoît Noudéhou, modérateur délégué pour les assises, procéda à la présentation des prêtres de chacun des diocèses en commençant par les jeunes prêtres ordonnés entre les deux dernières assemblées, lesquels furent accueillis au nom de l’union dans l’ucb par le délégué national ; ce fut le tour des délégués des unions diocésaines de monter à la tribune pour présenter la synthèse des activités de leur union, qui se confondent pour une large part avec les rencontres ordinaires du presbyterium diocésain. En soulignant les événements heureux et moins heureux qui ont eu cours dans l’année, ils ont insisté sur les efforts à faire pour rendre effective au niveau de chaque union une vie vraiment fraternelle. Et comme toute œuvre humaine viable, l’ucb devra se greffer sur les racines de son histoire afin de porter des fruits consommables pour l’avenir. Ce fut le centre d’intérêt de la première causerie intitulée : ‘‘Origines et motivations de l’ucb, conseils pour l’avenir’’, donnée par Mgr Nestor Assogba, Archevêque émérite de Cotonou, en présence de Mgr Pascal N’Koué, évêque de Natitingou et président de la commission épiscopale du clergé et des séminaires. A partir de sources fiables des origines lointaines de l’ucb, l’Archevêque releva les motivations premières de l’Organisation du clergé dahoméen (ocd), ancêtre de l’ucb pour déboucher sur des conseils pratiques pour l’avenir. L’ocd était née de la fusion de 2 petits groupes de prêtres qui se rassemblaient respectivement à Tokpadomè et à Cocokodji dans les années 1962 et 1963 ; il a fallu le motu proprio de Paul VI sur l’Afrique après le Concile Vatican II, ‘‘Africae Terrarum’’ en 1967 pour libérer l’organisation et la rendre crédible et officielle dans un contexte postcolonial. Aussi la Première journée de l’ocd s’est-elle tenue  au séminaire de Djimè en 1969.Ce fut en 1971 que l’organisation devint union pour répondre aux motivations de départ qui étaient de faire du clergé indigène du vicariat du Dahomey une vraie famille sacerdotale réunie autour des questions d’authenticité culturelle, d’adaptation de l’Evangile, de la catéchèse mystagogique, de formation d’un groupe de leaders chrétiens catholiques dans les jeunes mouvements d’action catholique, de l’apostolat des marchés. A en croire le premier secrétaire de l’ucb, Mgr Nestor Assogba alors recteur du séminaire St Paul de Djimè, la motivation fondamentale était le Christ lui-même, prêtre par excellence, qui était au centre de chaque rencontre. Il invita donc l’ucb à redécouvrir la vie des premiers prêtres dahoméens, tout au moins les 5 premiers, qui ont non seulement reflété le visage du Christ, mais ont montré la capacité de l’Africain à être un vrai et saint prêtre. Dès lors la constitution des archives est-elle urgente et primordiale pour garder la mémoire de ses vaillants apôtres pour les générations futures. L’écriture de ces mémoires ne se fera point avec des sentiments mais avec des documents, a souligné le père Cyprien Tindo, car le manque de sources écrites disponibles est aujourd’hui préjudiciable à la ré-écriture de l’histoire de notre Eglise du Bénin. Le clivage des dates dans le récit de la genèse de l’ucb fit toucher du doigt la nécessité de constituer et de conserver des sources écrites au-delà de la mémoire orale narrative de notre tradition orale collective. C’est l’un des nombreux défis que devra relever chaque membre de l’ucb à la suite de l’apôtre Paul à qui nous devons en grande partie la connaissance des origines de l’Eglise. C’est sa figure qu’a projeté comme sur une toile le Nonce Apostolique, Mgr Michael Blume le mercredi, dans son entretien après la messe matinale concélébrée par tous les prêtres présents à l’Assemblée et qu’il a présidée. Il a peint la figure de saint Paul, apôtre de l’unité et de la communion sacerdotale. Il l’a donné en exemple à chacun des prêtres, exemple de dynamisme apostolique et missionnaire, d’authenticité pastorale, de vérité et d’identification totale au Christ- prêtre (2 Co11). Comme un fin artiste le père Nicolas Hazoumè, recteur du grand séminaire philosophat de Djimè, dans la soirée du mercredi, dépeignit dans son entretien non plus la figure de St Paul en tant que telle, mais la figure protéiforme du prêtre béninois aujourd’hui et demain comme un défi pour l’ucb. Il insista sur la sollicitude commune de toute la vie du clergé béninois pour  l’efficacité de son activité pastorale et missionnaire. Pour ce faire le témoignage des anciens est d’un précieux recours. Ce fut d’abord Mgr pascal Nkoué qui invita chacun à aimer du plus profond de son coeur son sacerdoce, comme l’essence de sa vie et de sa vocation, en accordant à chaque acte liturgique qu’il pose tout le respect et tout le soin qu’il faut. Les pères Mathieu Ouanibini, Xavier Tohouégnon, Cyprien Tindo et Mgr Vincent Mensah, évêque émérite de Porto Novo ont ensuite prodigué avec humour et délicatesse des conseils pratiques à partir de leur expérience et de leur connaissance de la vie de l’union. Synthèse générale des travaux, bilan du Délégué national, suivi du bilan du Trésorier national ont clôturé les travaux de l’Assemblée générale. L’Assemblée Générale s’acheva par une messe concélébrée le jeudi soir à l’église paroissiale de Klouékanmè et présidée par le curé de la paroisse, le père Jean Koussouhoué. Puisse la fraternité sacramentelle née du même sacerdoce ministériel consolider l’ucb et constituer la base de l’identité chrétienne et humaine de chaque prêtre béninois.

Abbé Serge Bidouzo

 

 

 

 



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