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Bientôt Le temps du Carême: Revenir à l’essentiel

Le 25 février prochain, nous entrons en carême avec la célébration des cendres. Ce temps de carême nous prépare à célébrer la victoire de Jésus-Christ sur la mort et le péché. Ce n’est pas seulement un temps de sacrifice ou de pénitence, c’est avant tout une invitation à nous concentrer comme Paul sur l’essentiel : Jésus-Christ.


Pour célébrer la fête de Pâques, de la Résurrection de  notre Seigneur Jésus- Christ, fondement de notre foi et  raison d’être de notre espérance, l’Eglise nous propose de vivre un temps de préparation, le temps de Carême. Quels sont le sens et l’origine de ce temps et quel en est le contenu essentiel?

Origine et sens du carême
Le mot carême vient du latin «quadragesima» qui signifie «quarante» (sous entendu jour). Les  peuples de l’Orient, en particulier le peuple juif donnaient aux chiffres une importance fondamentale. Au-delà du sens mathématique ordinaire des chiffres, ils leur font porter une signification  en rapport aux événements fondateurs de leur histoire. Les chiffres ont surtout une valeur symbolique; c’est-à dire qu’ils rassemblent (du grec syn-ballein : jeter ensemble)  et expriment une expérience fondamentale du peuple de l’Alliance. Le chiffre «40» est particulièrement chargé de signes. Chaque fois qu’un Juif entendait ce mot «40», il se souvenait toujours de l’événement de l’exode, de la libération de la maison de servitude, du séjour au désert qui avait duré «40 ans» (Ex 16,35; cf. Jos 5, 6; Am 2,10); 40 années que le peuple juif passa en exil avant d’entrer sur la Terre promise.; il se souvenait de Moïse qui était resté  avec le Seigneur «40 jours et 40 nuits» sur la montagne  pour recevoir les tables de la loi (Ex 24, 18; 34, 28 ; lire aussi Dt 9, 9; 10, 10); il se souvenait de Elie qui avait marché «40 jours et 40 nuits» dans le désert (1R 19. 8). 40 jours étaient donnés à la ville de Ninive pour sa conversion (Jn 3, 4). Ces différents événements représentaient pour le peuple un  temps de souffrance, d’épreuve, de conversion et de victoire.
Ce temps nous rappelle les quarante jours du Christ au désert, seul dans le désert, sans pain ni eau, et soumis aux forces du mal qu’il a bravées avec sagesse. (cf.Mt 4. 1-11 ; Mc 1. 12-13 et Lc 4. 1-13). C’est là l’origine du carême chrétien. Pour atteindre ce nombre symbolique 40, il faut enlever les cinq dimanches du Carême de même que le dimanche des Rameaux, qui ne sont pas des jours de pénitence, mais de célébration de la Résurrection du Seigneur. Pendant 40 jours donc, du mercredi des Cendres à Pâques, nous allons nous préparer spirituellement à fêter la résurrection de Jésus-Christ dans la prière, l’abstinence et le jeûne, en revenant sur l’essentiel : Jésus-Christ.
Se  convertir au Christ
Pour vivre le temps de carême, l’Eglise nous propose des pratiques de dévotion qui nous mettent en un mouvement de conversion et de pénitence. Il s’agit des exercices spirituels, des liturgies pénitentielles (par exemple les ‘‘chemins de croix’’), les pèlerinages en signe de pénitence, les privations volontaires comme le jeûne, l’abstinence et l’aumône, le partage fraternel (œuvres caritatives et missionnaires). Nous sommes appelés aussi aux oraisons, à la lectio divina, à la visite au Saint-Sacrement. En tout cela, il nous faut viser l’essentiel et considérer pour ainsi dire le superflu et l’accessoire à leur juste place. Il s’agit de garder les yeux sur le Christ, le suivre et l’imiter. Il s’agit d’aller comme lui au désert, ce lieu aride, symbole de la solitude et du silence où l’homme se trouve rigoureusement face à lui-même pour rencontrer vraiment Dieu et se réconcilier avec lui.
Aller au désert, c’est se découvrir soi-même dans un examen de conscience assez nourri. Au cours du carême, il nous faut prendre quelques minutes pour cela, ou quelques quarts d’heure par semaine pour prier et voir clair dans notre vie de chrétien. C’est un chemin exigeant, mais indispensable pour rencontrer le Christ et se convertir vraiment à Lui. C’est alors que nous pouvons dire comme St Paul, ma vie, c’est le Christ (Ph1, 21), ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi (Ga 2, 20).

Abbé Serge Bidouzo

 

 



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