Durant le temps de carême, il est demandé aux chrétiens de faire des efforts pour se rapprocher de Dieu et des hommes par trois grands axes d’action appelés les 3 «P» : Prière, Pénitence, Partage.
La prière exprime notre conversion par rapport à Dieu. Prendre du temps pour prier, pour méditer la Parole de Dieu dans la Bible.
La pénitence ou le jeûne: c’est se priver de nourriture mais aussi vivre plus simplement, c’est une manière de redonner à Dieu la première place dans notre vie.
Le partage ou l’aumône est l’expression de l’ouverture de notre cœur aux autres. C’est donner de l’argent mais c’est aussi donner du temps, du savoir, du réconfort de l’attention aux autres et plus particulièrement aux plus pauvres.
Temps de prière, de pénitence et de purification
Le Carême est pour nous un temps de prière et de pénitence. Il est destiné à nous préparer à célébrer «le mystère sublime entre tous». Le Carême nous fait prendre conscience de deux choses : la grandeur de Dieu et sa bonté, la gravité du péché.
Pendant 40 jours, nous sommes invités à travailler à notre conversion : revenir vers Dieu, et Lui soumettre toute notre vie.
«Convertissez-vous au Seigneur notre Dieu, parce qu’il est bon et compatissant, patient et riche en miséricorde» (Jl 2, 13)
Ce temps de purification est nécessaire pour pouvoir goûter ensuite la Joie de la Résurrection et bénéficier du mystère de notre Rédemption par lequel Jésus nous rend participants de sa Divinité.
Une montée vers Pâques
A l’image de la vie terrestre, qui est une préparation à la vie de l’éternité, la signification essentielle du Carême est de nous préparer à la grande fête de Pâques, en nous faisant entrer, à la suite de Jésus, notre Sauveur, dans le mystère pascal : mort au péché et Résurrection à notre vie d’enfant de Dieu.
Suivre Jésus dans le mystère de sa Passion
Avant d’aboutir à la Résurrection, le temps du Carême comprend deux parties bien distinctes :
- le temps de la purification de l’âme (qui correspond au séjour de Jésus dans le désert);
- le temps du rachat par la Passion de Jésus notre Sauveur : c’est l’acte de notre Rédemption.
Prendre conscience du péché dans notre vie
Le temps du Carême nous invite à travailler à une réflexion approfondie sur la place du mal dans notre vie... ce que nous n’aimons pas trop ! C’est pourtant le temps favorable (Is 49, 8 - 2 Co 6, 2) pour prendre conscience de nos misères, de nos faiblesses et pour retrouver le sens du péché.
C’est le moment favorable pour accomplir des actes d’humilité qui nous permettent de voir clair en nous-mêmes. Moment de prise de décision, de changement de vie pour vivre en conformité avec l’Évangile: Convertissez-vous et croyez à l’Évangile... (Mc 1, 15) (Imposition des Cendres).
La conversion consiste à remettre Dieu au centre de notre vie : «se retourner vers le Créateur, se détourner de la créature».
Une lutte nécessaire
Le retour à Dieu ne va pas sans un combat contre le démon (Satan et les mauvais anges):
Ce combat est celui de la conversion en vue de la sainteté et de la vie éternelle à laquelle le Seigneur ne cesse de nous appeler. (CEC 1426)
Le Carême est un temps de lutte : nous avons toujours à vaincre en nous certaines résistances de notre nature blessée, faussée par le péché, de mauvaises habitudes, de notre amour-propre…Le retour à Dieu nous obtient la joie de la réconciliation, du pécheur qui se sait pardonné :
Temps de combat spirituel
Le Carême est un temps privilégié pour la réconciliation
Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu. (2 Co 5, 20) 2e lecture du mercredi des Cendres.
Dans ce chemin de réconciliation, trois étapes à parcourir :
1- se réconcilier avec Dieu. C’est tout l’itinéraire de l’enfant prodigue : Luc 15, 11-32. C’est notre image à tous, l’exemple de l’attitude à prendre devant Dieu: Oui, je me lèverai et j’irai vers mon Père, et je lui dirai : «Père, j’ai péché contre le Ciel et contre Toi…» (Lc 15, 18)
Humilité et confiance totale en l’infinie bonté et miséricorde de Dieu, être sûr de son pardon dès qu’on revient à Lui.
2- se réconcilier avec soi-même. C’est souvent bien difficile de s’accepter tels que nous sommes et de «se pardonner» de ne pas être tel qu’on le voudrait. C’est si facile de «s’idéaliser». Être vrai avec soi-même, ce n’est pas facile…
Ce temps de Carême va nous aider à nous regarder dans la vérité, comme Dieu nous voit, à recevoir son amour malgré nos défauts sans nous dépiter sur nous-mêmes. Chemin de guérison intérieure: Oui, je reconnais mon péché, ma faute est toujours devant moi... (Ps 50, 5)
3- se réconcilier avec les autres. La conversion se réalise dans la vie quotidienne par des gestes de réconciliation… la correction fraternelle… (CEC 1435)
Le chemin du pardon
Il y a des pardons à donner, d’autres à recevoir. Mais comme c’est difficile quelquefois ! Comme cela coûte à notre fierté, notre amour-propre ! Dieu, à travers le sacrement de la réconciliation, nous en donnera la force.
Si tu te présentes à l’autel et que, là, tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; tu viendras alors présenter ton offrande. (Mt 5, 24)
Quand vous êtes debout pour prier, pardonnez si vous avez quelque chose contre quelqu’un, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos offenses. (Mc 11, 25)
Le Carême est donc le temps privilégié pour une bonne confession : c’est là que nous recevons l’assurance d’être réconciliés avec Dieu, qu’Il nous a pardonné.
Concrètement, comment travailler en tant que chrétien à vivre le pardon durant le temps de carême ?
Père Épiphane Stéphane Nayéton
Religieux Camillien Bénin