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8 mars à Djougou


Les femmes redécouvrent leur identité
La célébration de la 14e journée internationale de la femme dans le diocèse de Djougou, le 8 mars, a rassemblé près de 150 femmes. Venues de la plupart des paroisses du diocèse, les participantes se sont retrouvées au centre saint Ambroise de Djougou dès le vendredi 6 mars, jour retenu par la responsable de la formation, sœur Thècle Biaou ( nda ) et ses collaboratrices pour leur accueil. L’eucharistie présidée par le père Jonas Sodjo le lendemain leur a permis de prendre toute la mesure de l’événement que constitue pour elles cette journée consacrée à la femme.
En leur réaffirmant toute la place de choix qu’elles occupent dans la société et dans l’Eglise, le célébrant a mis l’accent sur la redécouverte d’abord par elles-mêmes de leur propre identité pour la sauvegarde de la paix dans leur foyer et dans la société. Il leur a ensuite rappelé le double commandement de l’amour de Dieu et du prochain avant de leur demander d’être les témoins de cet amour auprès de leur époux et de leurs coépouses.
Elles ont ensuite suivi une communication animée par la sœur Monique Josiane Djigbé de l’institut des Sœurs de Saint Augustin sur le thème «Saint Paul, un apôtre contre les femmes?». L’animatrice de cette communication est partie de la Parole de Dieu qui structure toute parole humaine pour peindre aux participantes un tableau assez expressif des femmes de la Bible qui ont mis leur foi en Dieu en jouant un rôle de premier plan dans l’histoire du salut. Une fois ce décor planté aux participantes avec une grande conviction ponctuée de témoignages personnels et d’arguments très simples, à caractère socio-anthropologique, elle a précisé à l’assemblée le regard de Saint Paul sur la femme. Elle a notamment fait savoir que ce regard pourrait conduire le lecteur à la conclusion selon laquelle saint Paul n’aime pas les femmes. Avec tout l’art nécessaire en pédagogie appliquée, elle a démontré à l’assistance que ce regard paulinien sur la femme est essentiellement contextuel et qu’il invite la femme à jouer pleinement son rôle dans l’assemblée en sachant quand elle devra prendre la parole et comment elle devra se comporter dans la communauté. Elle a ensuite mis l’accent sur la valeur sacramentelle de la parole dans la vie de la femme en s’appuyant sur les paroles du consentement prononcé le jour du mariage à l’église. Elle a enfin relevé quelques contre-valeurs qui bafouent la dignité de la femme à savoir l’excision, le veuvage, la loi du lévirat, la polygamie, la polyandrie, l’inceste, le mariage forcé et a exhorté les femmes à la prière.
Les travaux en carrefour qui ont suivi cette causerie ont offert l’occasion aux participantes de porter un regard critique sur le témoignage que doit rendre la femme à la Parole de Dieu dans son ménage.
La célébration eucharistique du dimanche 8 mars a marqué la fin des manifestations. Elle fut présidée par le père Cyriaque Guédé et concélébrée par l’abbé Grégoire Adouayi. Le célébrant a aidé les participantes à reconnaître qu’elles sont des mères et que tout dans leur vie devrait transmettre la vie. Il s’est inspiré de l’évangile du jour pour exhorter les femmes à toujours chercher à avoir un visage qui accueille et une voix qui réconforte dans le foyer. Portant un regard pastoral sur leurs souffrances et inquiétudes, il leur a demandé de s’inscrire à l’école de la Vierge Marie, une école du silence intérieur où la transfiguration de l’épreuve subie par toute créature lui fait découvrir l’immensité de l’amour de Dieu. Il a enfin souhaité que les participantes répercutent la richesse de ce week-end de formation dans leurs localités respectives afin de relayer sur le terrain l’équipe qui a en charge la formation des femmes dans l’église famille de Djougou.

Abbé Cyriaque Guédé
Diocèse de Djougou