Fête du St Sacrement
Cette fête récapitule notre foi chrétienne, en ce qu’elle révèle et accomplit le projet divin.
L’éternel projet de Dieu - qui est Amour, Père et Créateur - est de se donner des fils. Projet rejeté par la créature dès l’origine, du fait d’une méprise de l’homme sur Dieu : il n’y a pas d’alliance possible quand il y a erreur sur la personne. Poursuivant son projet, Dieu, «quand les temps furent venus», incarna son propre Fils pour se dire aux hommes en vérité : «Je ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la Vérité» dit Jésus à Pilate. (Jean 18,37).
L’Incarnation est donc pour l’Alliance avant d’être pour la Rédemption. Ou plutôt : elle nous apportait par elle-même le salut, en nouant pour nous, dans la Personne du Fils incarné, le lien jusque-là refusé avec la Divinité. «Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu» ont toujours proclamé nos Pères. Encore fallait-il que, cette fois, nous l’acceptions ! Mais, la main tendue, nous l’avons encore refusée… Le témoin, dès lors, alla jusqu’au martyre. Le sang donné racheta ce second refus de l’humanité : «Elevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi» (Jn, 12,32). «Cet homme était vraiment le Fils de Dieu !» dit alors le Centurion. (Mc, 15,32). La Résurrection confirma son identité.
Les paroles de la consécration sont significatives : «Ceci est mon sang, le sangde l’Alliance, nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémision des péchés».
L’Incarnation pour l’Alliance, le Sang versé pour son refus, le Corps donné pour soutenir notre adhésion fragile, c’est ce que nous célébrons aujourd’hui.
«Il est grand le mystère de la foi !» Reste à y adhérer ! Et la fête du Corps du Christ devient celle de l’Eglise, «la vocation de l’homme, c’est d’être le Corps du Christ» (P.Varillon): «Comme cette eau se mêle au vin pour le Sacrement de l’Alliance, que nous ayons part à la divinité de Celui qui a pris notre humanité».
Geneviève Honoré-Lainé