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Dèkin fête 50 ans


Le samedi 13 juin 2009, la paroisse St Antoine de Padoue de Dèkin a fêté 50 ans de sa création. Une célébration eucharistique a réuni fidèles, religieuses, prêtres autour de Mgr Vincent Mensah sur cette verdoyante île au cœur de la vallée de l’Ouémé.


Samedi 13 juin 2009. 12h 45, nous atteignons enfin le village de Dèkin-Afio après une demi-journée de voyage passionnante. Partis de Cotonou à 8h, à bord d’une voiture sous une pluie battante, nous arrivons à Porto-Novo aux environs de 9h. Nous prenons une route latéritique très peu carrossable menant à Dangbo, à environ une heure de route. Nous empruntons ensuite une piste rurale qui nous offre un paysage idyllique, loin de toute habitation. Au détour d’un chemin, surgit un marché en pleine effervescence sous un léger crachin. Notre voiture fraie difficilement sa route à travers étalages et taxis motos. Au fur et à mesure de l’avancée, quelques maisons  sillonnent le bord de la route qui nous mène au village de Kessounou. Il sonnait 10h 30. Nous sommes aux abords du fleuve Ouémé, une vaste étendue d’eau à perte de vue. Une barque motorisée nous y attendait. Après 15 minutes de pause, nous nous embarquons pour la traversée du fleuve vers Dèkin avec une dizaine de prêtres et religieuses. Un embarquement délicat dans la vase de la berge.
Notre barque s’engage sur l’immense cours d’eau, conduite par le Père Gervais Avoundé, curé de la paroisse de Kessounou, à la manette à la poupe de la barque. Un guide tient la rame à la proue. Nous croisons des barques et des pirogues remplies de patates douces fraîchement récoltées. Nous empruntons un long canal d’eau rétréci, jonché de nénuphars et de pirogues abandonnées dans l’eau.  Ce qui ralentit l’avancée de notre barque. Occasion de mieux contempler la nature verdoyante et fraîche qui nous offre une scène pittoresque. Sur les berges longeant le canal, des îlots champêtres avec des hommes et des femmes remuant la terre, creusant des sillons, dessouchant des tubercules de patates douces ou transportant sur la tête des paniers de patates douces ou encore malaxant les limons pour préparer une nouvelle culture. Des étendues de plants de maïs et de piments.
Un peuple à la tâche, accroché à un lambeau de bien-être et pourtant  joyeux, nous saluait au passage. Ils agitaient leurs mains et nous gratifiaient de leur visage rayonnant. Après 1h 45 de traversée plutôt poussive, notre barque nous laisse sur une autre rive où nous accueille une magnifique statue de la Vierge resplendissante de beauté. Et là, commence une  longue marche à travers pistes et routes, maisons et champs. Rapidement, en silence, chacun respectant inconsciemment la majesté du lieu, nous nous empressons vers la chapelle St Antoine de Padoue de Dèkin à 30 mn de marche.
A 13h commence la célébration eucharistique. Elle est présidée par Mgr Vincent Mensah, évêque émérite de Porto Novo, entouré de 12 prêtres. Au début de la célébration, le Père Jean Bossa, administrateur de la paroisse adresse un mot de bienvenue aux fidèles venus nombreux rendre grâce. Il salue l’œuvre admirable de la providence divine qui a conduit les pas de la communauté depuis la création de la paroisse jusqu’à ses noces d’or. Il retrace les nombreuses péripéties de l’histoire de cette paroisse, qui a évolué en dents de scie. Dèkin a été évangélisé à partir de 1920 par le Père Boulanger qui venait de la paroisse de Calavi en traversant le lac Nokoué. Mais les premiers fidèles allaient les samedis à Calavi pour le catéchisme et retournait à Dèkin après la messe dominicale. C’est le 13 juin 1959 que Dèkin est créé paroisse par Mgr Noël Boucheix qui y installa  son jeune frère le Père Germain Boucheix comme premier curé. Ce dernier quitte la paroisse en 1962. Dèkin est donc resté 39 ans sous la juridiction de Dangbo et de Kessounou avec successivement les Pères Michel Ahodantin, Clément Sofonou et Albert Bodjrènou. Le 29 septembre 2001, la paroisse recouvre son autonomie avec la nomination d’un nouveau curé, le Père Grégoire Bodjrènou. Il conduit la communauté pendant 5 ans jusqu’à l’arrivée du Père Jean Bossa, le 21 septembre 2006. Le dernier témoin encore vivant de cette longue histoire mouvementée, Elie Oussou a vécu intensément cette belle célébration animée par les chorales Hanyé et Sexwegnon. Il fait partie des pionniers de l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ à Dèkin. Mgr Mensah, dans son homélie, loue le travail et le sacrifice de ces pionniers qui, comme Saint Paul, ont semé le grain de l’Evangile avec amour et détermination. Il invite chaque fidèle de Dèkin à devenir  à  l’instar  de  ces  pionniers, annonciateur et dispensateur de l’amour de Dieu parmi les hommes. C’est ainsi, continue l’évêque, que se construiront l’unité et la prospérité du village de Dèkin. La messe finit à 16h, laissant place aux réjouissances fraternelles et à la convivialité.

Abbé Serge Bidouzo