
Au Bénin, lorsqu’une affaire défraie la chronique, elle la défraie vraiment. Certes, plus personne ne doute de la gravité de l’affaire « Icc Services et consorts ». On cherche en vain une comparaison dans l’histoire du Bénin, afin de mesurer à quel point les populations se sont fait du tort et dans quelle mesure les autorités publiques sont menacées. Pour autant, cette affaire ne doit pas faire ombrage aux diverses manifestations devant marquer la célébration des 50 ans d’indépendance du Bénin, dont l’organisation a connu un retard irrécupérable et préjudiciable. Cette affaire ne doit pas, non plus, nous faire oublier qu’à partir de septembre, nous serons à moins de 6 mois des élections, et que nous rentrerons dans des schémas ingérables.
Rappelons, s’il en était besoin, les débats cornéliens qui attendent les députés lors du vote du dispositif légal pour la gestion des prochaines élections. Etant donné que la liste électorale permanente informatisée n’est pas prête, quelle liste électorale faudra-t-il utiliser ? Quelle institution devra organiser les scrutins ? L’élection présidentielle sera-t-elle couplée avec les élections législatives ? Si non, quel sera l’ordre des élections ? Autant de questions qui sont techniquement déjà très compliquées. Or, les orientations à prendre dans la recherche de solutions à ces questions mettent les camps politiques en face dans une logique ou une autre qu’ils perçoivent, soit comme une logique de victoire, soit comme une logique d’échec. C’est dire que les débats vont être plus houleux que jamais puisque les acteurs politiques ont l’impression, à tort ou à raison, de jouer déjà leur survie. Hors de l’Hémicycle, il faut ajouter aussi le chassé-croisé auquel nous sommes maintenant habitués, entre le Parlement, l’Exécutif et la Cour constitutionnelle, chaque fois qu’une loi adoptée doit être promulguée.
Face à tout cela, l’opinion publique ne doit pas se laisser distraire et doit s’inquiéter du fait que le Parlement traîne à ouvrir sérieusement ce dossier. La session extraordinaire demandée par certains députés sur la question n’a pas été programmée par le président Mathurin Nago. On attend de voir la réponse que le président réserve à la lettre du 20 juillet dernier par laquelle 4 députés du bureau de l’assemblée l’ont saisi aux fins d’une réunion du bureau sur la question.
Abbé André S. Quenum
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